
BOMBAY : LE PAKISTAN EXPORTE SES MATIÈRES PREMIÈRES
Par THE WAR NERD, alias Gary Brecher
Original au :
http//exiledonline.com/mumbai-exporting-pakistans-resources/#more-2081
( Traduit de l'anglais par TM)
THANKSGIVING
THANKSGIVING
Je ne m’attendais certes pas à passer la matinée de Thanksgiving à boire du café soluble et passer de CNN à la BBC. Mais les attaques sur Bombay sont si énormes et comme ils disent « insolentes » que je me suis couché tard et levé tôt.
À l’heure qu’il est on connaît toutes les infos esentielles : des terroristes islamistes ont déferlé sur les quartiers riches et touristiques de Bombay, se sont emparés de deux hôtels et ont ouvert le feu à la gare centrale. Ils se sont aussi emparé de plusieurs bâtiments, bien que je ne sois pas encore en possession de chiffres exacts : certains journalistes parlent de 17 attaques, d’autres de 10.
Ce qui est clair c’est qu’il s’agissait d’une entreprise exigeant une grosse main-d’œuvre. En principe on cherche à épargner son personnel le plus possible, en terrorisme, mais quelqu’un en rapport avec Al Qaïda ou son fan club pakistanais a décidé de sacrifier beaucoup de vies sur ce coup-là. C’est ce qui rend ces attaques intéressantes si on les examine d’un œil froid.
Imaginez que vous êtes une huile d’Al Qaïda en train de se demander comment profiter au maximum de ses ressources. Jusqu’à présent la solution c’était la bombe, la plupart du temps. Parce que les bombes peuvent être posées par quelques hommes valeureux, et s’il règlent le détonateur correctement et gardent profil bas, ils ont une bonne chance de s’en sortir pour pouvoir reposer des bombes un autre jour. Dans la mesure où il n’est pas facile de trouver des hommes valeureux, et encore moins des hommes valeureux prêts à risquer de se faire arracher les ongles dans le sous-sol d’un service de police, c’est la démarche de la plupart des mouvements terroristes.
À l’heure qu’il est on connaît toutes les infos esentielles : des terroristes islamistes ont déferlé sur les quartiers riches et touristiques de Bombay, se sont emparés de deux hôtels et ont ouvert le feu à la gare centrale. Ils se sont aussi emparé de plusieurs bâtiments, bien que je ne sois pas encore en possession de chiffres exacts : certains journalistes parlent de 17 attaques, d’autres de 10.
Ce qui est clair c’est qu’il s’agissait d’une entreprise exigeant une grosse main-d’œuvre. En principe on cherche à épargner son personnel le plus possible, en terrorisme, mais quelqu’un en rapport avec Al Qaïda ou son fan club pakistanais a décidé de sacrifier beaucoup de vies sur ce coup-là. C’est ce qui rend ces attaques intéressantes si on les examine d’un œil froid.
Imaginez que vous êtes une huile d’Al Qaïda en train de se demander comment profiter au maximum de ses ressources. Jusqu’à présent la solution c’était la bombe, la plupart du temps. Parce que les bombes peuvent être posées par quelques hommes valeureux, et s’il règlent le détonateur correctement et gardent profil bas, ils ont une bonne chance de s’en sortir pour pouvoir reposer des bombes un autre jour. Dans la mesure où il n’est pas facile de trouver des hommes valeureux, et encore moins des hommes valeureux prêts à risquer de se faire arracher les ongles dans le sous-sol d’un service de police, c’est la démarche de la plupart des mouvements terroristes.
VIES HUMAINES
Pas cette fois. Si ces mecs ont envoyé des hommes sur dix objectifs différents à Bombay, ils dépensent beaucoup de vies humaines. Il leur faut supposer que ces hommes ne reviendront pas. La moitié environ d’entre eux vont mourir, et le reste va être sérieusement passé à la question, avant de se faire abattre lors « d’une tentative d’évasion », ou de se faire jeter dans une oubliette obscure, en admettant qu'ils aient vraiment un bol de cocu.
Imaginons qu’ils aient envoyé dix hommes par objectif. Il faut le nombre pour mener ce genre d’assaut frontal dans une ville où la police est massivement présente, ça paraît être un chiffre plausible. Et même si leur nombre se révèle inférieur à celui-ci, ça fait 70 vies en un seul assaut. Pas le genre de truc qui réjouit particulièrement votre directeur des Ressources Humaines.
Mais en fait, ça se réduit finalement aux forces à l’œuvre sur le marché, et en ce sens, ça tient parfaitement debout. L’offre et la demande. Offre : il semble que les assaillants soient venus du Pakistan par bateau. L’offre en jeunes pakistanais pas très futés, démangés de la gâchette et impatients de se sacrifier est à peu près illimitée. Grâce au financement de la CIA, de l'ISI et des Saoudiens, il existe maintenant près de 4000 Madrassas, académies du martyre, au Pakistan. Ce sont les seules MJC qu’on trouve là-bas, et ils font des heures supplémentaires pour convaincre les jeunes idiots impatients du pays que se porter volontaire pour une mission-suicide, c’est comme gagner une croisière à la loterie. En l’occurrence, s’ils sont venus par la mer, c’était bien le cas.
LE TERRORISTE IDÉAL
La qualité de cette main-d’œuvre, ça c’est autre chose. Quel est le prix de la vie de cette chair à canon pour le mouvement ? Ça dépend de beaucoup de facteurs. Si vous étiez le directeur Ressources Humaines d’Al Qaïda et qu’il était question de faire le portrait robot de la recrue idéale, il parlerait l’anglais ou l’américain sans accent ; il serait blanc ou extrême-oriental ; il saurait s’adapter au mode de vie yuppie / urbain n’importe où en Occident ; il aurait la tête froide, serait capable de sourire comme un vendeur d’automobile et de parler de sport ; et sous cette carapace, il serait parfaitement maître de lui-même, armé d’un dévouement Terminator à la cause et d’une indifférence totale pour les séductions du monde diabolique que vous l’avez envoyé infiltrer.
Mais quand on regarde les recrues des madrassas pakistanaises, on voit que ces puceaux sont très loin des objectifs. La plupart d’entre eux sont des mômes venus des taudis ou des villages qui aiment la bouffe gratuite et l’idée de tirer les gens comme des lapins, les deux choses qui plaisent spontanément aux ados. Il sont d’accord pour appuyer sur la gâchette et assez abrutis pour se porter volontaire ; c’est à peu près tout ce qu’on peut dire en leur faveur. Tous les mômes sont prêts, ça ne signifie pas qu’ils soient efficaces. Ils ne savent pas se fondre dans l’univers des aéroports, ni celui des affaires ; ils ne parlent pas l’anglais ou alors le genre de baragouin enturbanné qui fait sonner les signaux d’alarme dans tous les postes frontières du monde. Ils ont l’air pakistanais, et pas le genre Pakistanais de l’élite au teint clair, de haute taille, comme la vedette de l’équipe de cricket. Ils ont encore sous les ongles la boue des labours.
En d’autres termes, voici vos ressources humaines, et elles sont d’une valeur limitée. Vous n’en ferez jamais des James Al-Bond, infiltrant le FBI et Wall Street. Ils sont aussi bornés que des briques. Mais ils sont également courageux et bouillants d'envie de tuer. Comment se servir d’une telle main-d’œuvre ? Pas selon le schéma Al Quaïda classique, où l’on en envoie un ou deux à la fois faire la liaison avec les Islamistes locaux et préparer l’attentat traditionnel où cinq bombes explosent simultanément. Ils n’ont pas le savoir-faire. Ils se feraient repérer aussitôt.
Mais il y en a des tonnes. On ne peut les introduire à Londres ou à Manhattan, mais il existe une cible facile beaucoup plus proche du Pakistan où traînent un tas d’Anglais et d’Américains. Mieux encore, il s’agit d’un centre financier pour l’Inde, l’ennemi détesté du Pakistan, ce qui range l’ISI dans votre camp parce que rien ne fait fulminer les cercles dirigeants des services spéciaux pakistanais comme de voir l’Inde s’enrichir et accroître sa popularité, tandis que le Pakistan s’enfonce dans un chaos épouvantable.
MARQUÉS POUR L'ABATTOIR
Quand je dis que l’ISI est du côté des assaillants, je ne suis pas en train de dire que tous les chefs de l’ISI ont approuvé ce plan officiellement. Rien n’est simple au Pakistan, tout est obscur, et en coulisses, même l’atmosphère est pleine de recoins sombres. C’est plutôt comme ça que ça c’est passé : un chef de l’ISI en a entendu parler, a donné une approbation officieuse d’un hochement de tête et a refilé le bébé à un crétin quelconque marqué pour l’abattoir, qu’on peut pendre ou refiler aux « alliés » occidentaux quand tout sera fini : le traître qui a collaboré avec ces militants diaboliques.
Cet officiel de bas étage s’assure que le bateau plein de produits de madrassas abrutis et assoiffés de sang ne se fasse pas arrêter à la douane, Il descend la Côte Ouest de l’Inde jusqu’à la péninsule où se concentrent toutes les cibles de valeur à Bombay. Et si vous regardez une carte de Bombay (vous n’aurez pas de peine à vous en procurer une, ces prochains jours) vous verrez à quel point il est facile d’y aborder en pleine nuit sur de petits canots à moteur venus d’un navire au large.
C’est un plan valide, tout simplement parce qu’il se sert au mieux les produit islamistes locaux. Ces types-là ne sont pas assez passe-partouts pour franchir le contrôle de sécurité d’un hôtel ou pour poser une bombe, mais ça n’était pas un souci : ils sont passé par la grande porte en lâchant des rafales d’armes automatiques.
C’est pour ça qu’il est ridicule de dire que la sécurité était assurée et efficace dans les hôtels. Son but est d’empêcher les attaques sournoises, les poseurs de bombes. Pour stopper les sections-suicide qui s’en sont pris aux hôtels, il faut une compagnie d’infanterie au grand complet.
On assiste donc à un tableau qu’un économiste comprend mieux qu’un analyste militaire. Je répugne à avoir l’air aussi cynique, mais les Islamistes pakistanais étaient en possession d’un excès de main-d’œuvre non qualifiée, et ils ont pensé à une façon d’en extraire la rentabilité maximum en termes de destruction et de bain de sang.
NOTE DE LA RÉDACTION : Gary Brecher, plus connu sous le pseudo de « The War Nerd », (le fou de guerre), est un personnage mythique de la rédaction d’eXile. Habitant de Fresno, obèse et accro au Coca light, il connaît tous les conflits par cœur depuis la Guerre du Feu. Passionné par son sujet, il est perpétuellement à la recherche de nouvelles informations ; fin analyste, il avait prévu la victoire du Hezbollah, avant la guerre de 2006. Ses chroniques à feu et à sang (De Stalingrad aux Tigres Tamoul) sont rassemblées dans un volume en anglais, intitulé The War Nerd disponible au lien ci dessus. Lecture recommandée aux amateurs de stratégie militaire et d’humour macabre.














